Retour sur le voyage d’études à Bruxelles de la promotion 2025-2026!
Un blogpost rédigé par Tayina Daou & Sébastien Meyer, membres de la promotion 2025-2026
Pour cette sixième session, la promotion 2025/2026 de l’Académie Notre Europe a déménagé au cœur de la capitale européenne pour une immersion exceptionnelle au sein des institutions de l’Union européenne. Le 20 mars 2026, nous avons pu découvrir le fonctionnement du Parlement européen, les missions des assistants parlementaires, et certains des enjeux stratégiques qui façonnent l’Europe aujourd’hui, notamment en matières énergétique, diplomatique et commerciale.
Ce voyage intervient dans un contexte européen particulièrement dynamique : entre les débats sur la transition énergétique, les tensions géopolitiques liées à l’Ukraine, ou encore les discussions sur le Pacte vert et les énergies renouvelables. Nous avons pu observer concrètement comment les décisions législatives et diplomatiques influencent la vie des citoyens et l’avenir du continent.

Un assistant parlementaire, késako ?
Travailler comme assistant parlementaire européen, c’est jongler entre législation, commissions, communication et tâches administratives. Tous les assistants de Bruxelles se rendent une fois par mois à Strasbourg pour la plénière, mais leur rôle dépasse largement la simple logistique. Ils et elles sont de véritables « couteaux suisses » : l’accompagnement des visiteurs, la préparation des amendements et des discours ainsi que le suivi administratif font partie de leur quotidien.
Le contrat d’assistant parlementaire est lié à la durée du mandat et le budget est identique pour tous les députés. Une équipe type comporte quatre assistants et des stagiaires, avec des missions nationales et internationales (ex : déplacement à Kiev, visites industrielles en France, etc.). Pour celles et ceux qui souhaiteraient devenir assistant(e) parlementaire, on vous transmet un petit conseil : personnalisez votre lettre de motivation, montrez pourquoi vous et pourquoi ce député !

Rencontre avec l’eurodéputé Thomas Pellerin-Carlin
Chaque député siège dans plusieurs commissions parlementaires. Thomas Pellerin-Carlin est titulaire au sein de l’ITRE : industrie, recherche, énergie. L’eurodéputé nous a détaillé la complexité de trouver une majorité, notamment alors que les alliances traditionnelles laissent parfois place à de nouvelles alliances (notamment entre le PPE et l’extrême-droite).
Sur la politique énergétique, Thomas Pellerin-Carlin a pu répondre aux questions de la promotion 2025/2026. Interrogé sur le nucléaire, il adopte une position d’une stratégie au cas par cas selon les Etats. Néanmoins, pour réussir la transition énergétique, il faudra surtout redoubler d’efforts sur la sobriété et l’efficacité énergétique, ainsi que sur les énergies renouvelables. Par ailleurs, pour l’eurodéputé, si on réfléchit sur 10-20 ans, la transition énergétique est également le meilleur investissement. Par exemple, le coût supérieur à l’achat d’un véhicule électrique est rapidement rattrapé par l’économie réalisée sur le carburant. Le leasing social et les prêts bonifiés permettent d’accélérer la transition énergétique et doivent donc être renforcés.
Enfin, Thomas Pellerin-Carlin nous a enjoint à nous engager, à l’image de Lena Schilling en Autriche, car « l’appétit vient en mangeant ».

Le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), une institution issue du traité de Lisbonne
La discussion avec Gurvan Le Bras, chef d’unité adjoint de la division planification stratégique, a d’abord mis en lumière le rôle singulier du SEAE, véritable « ministère des Affaires étrangères » de l’Union, créé en 2010. Le SEAE a également pour mission d’animer la discussion à 27 et de faire remonter des propositions cohérentes au Haut représentant. Cette coordination est d’autant plus cruciale que l’Europe fait face à un « triangle de menaces » inédit : la pression militaire continentale de la Russie, le défi géopolitique systémique de la Chine et le retrait progressif des États-Unis.
Sur ce dernier point, Gurvan Le Bras nous a éclairés sur sa vision de l’autonomie stratégique européenne. Si le passage à la majorité qualifiée pour les questions de défense reste complexe, chaque pays craignant de perdre sa capacité de blocage, une évolution fondamentale se dessine : la capacité d’action collective sans implication unanime. À l’image des initiatives pour l’Ukraine et le détroit d’Ormuz, l’avenir pourrait appartenir à des « coalitions de volontaires ».

« Il n’y a pas de politique [commerciale] autrement que sur des réalités »
La session avec Édouard Bourcieu, chef économiste à la DG Trade de la Commission européen, a débuté par un constat frappant : après vingt-cinq ans de mondialisation débridée, nous assistons au retour de la géopolitique et de l’État dans la sphère commerciale. Face aux surcapacités chinoises et au protectionnisme américain, l’heure est à la « raison gardée » : stabiliser les relations avec Washington tout en se dotant d’outils pour défendre ses intérêts, sans céder à une escalade protectionniste. Par ailleurs, malgré un certain biais de communication, Édouard Bourcieu a rappelé que l’UE demeure un titan du commerce mondial, pesant pour 15 % des échanges globaux, devant les États-Unis (13 %) et la Chine (13 %). Premier exportateur de biens et de services et partenaire principal de 60 pays, l’UE dispose d’un levier d’influence massif.
Enfin, contrairement aux prédictions de désunion, les Vingt-Sept ont su serrer les rangs face aux pressions extérieures, affichant une cohésion interne parfois supérieure à celle des États américains. Cette force collective est le socle de ce que la Commission appelle désormais « le moment de l’indépendance de l’Europe », une volonté d’affirmer sa souveraineté dans un système multilatéral dans un système multilatéral fragilisé, qu’il devient urgent de réformer.

Et pour finir…
La promotion 2025/2026 a conclu cette session par une immersion dans l’écosystème des think tanks européens, à travers les exemples de la Fondation Jacques Delors / Friends of Europe et de Europe Jacques Delors. Ces structures visent à transformer la réflexion en action politique autour de trois piliers fondamentaux : la souveraineté économique via le marché unique 2028, la sécurité collective par l’augmentation des dépenses militaires et la transition énergétique. Pour porter ces ambitions et lutter contre le « court-termisme » actuel, les think tanks déploient une stratégie d’influence multicanale entre événements de haut niveau, sondages, newsletter, réseaux sociaux ou encore le programme European Young Leaders.

- Tayina DAOU C’était un peu comme passer de l’autre côté du décor, comme dans la série Parlement, mais en version bien réelle. Pas de scènes écrites à l’avance, mais des échanges concrets avec des experts de l’énergie, de la diplomatie ou de l’économie. Un univers avec ses codes, presque comme une “langue européenne” à part entière, où il faut rapidement s’adapter pour suivre le rythme. Et surtout, ce que je retiens, c’est qu’au-delà de cette machine parfois perçue comme complexe, ce sont avant tout des femmes et des hommes engagés qui, chaque jour, œuvrent pour défendre leurs idées et faire avancer l’Europe, très concrètement.

- Sébastien Meyer C’était comme passer par la lunette d’Arthur et les minimoys pour rentrer à notre tour dans la bulle bruxelloise. Pas de salle des pas perdus, mais des salles de presse réservées dans le Parlement européen. Pas de ministère des affaires étrangères, mais un service européen pour l’action extérieure ! Un vocabulaire, et des spécialistes de leurs sujets (énergie, diplomatie, économie), qu’il était bon d’entendre en action pour se rendre compte de ce que signifie travailler au sein de l’Union européenne et en porter les idées !

Grâce à leur soutien!
- Fondation Hippocrène








































